H&M Conscious : la fast-fashion éco-responsable ?

H&M Conscious : la fast-fashion éco-responsable ?


Depuis quelques années, la marque de prêt-à-porter suédoise H&M souhaite s’engager pour l’environnement et a développé une gamme dite “conscious”. Pourtant, l’enseigne est plutôt connue pour ses collections effrénées et ses prix cassés. Que penser alors de ces engagements, la ligne H&M conscious est-elle vraiment éco-responsable ? C’est ce que nous décryptons aujourd’hui.

Nos produits sont respectueux de la planète : au moins 50 % de chaque pièce est réalisée avec des matières plus durables comme le coton biologique ou le polyester recyclé. La seule exception est le coton recyclé qui, pour des raisons de qualité, ne peut représenter que 20% d’un produit.”

C’est ce qu’on peut lire en arrivant sur le site d’H&M conscious. L’engagement semble avant tout porter sur l’environnement.

Des engagements avant tout environnementaux

Effectivement, la marque a introduit dans sa collection des matières plus durables telles que le coton biologique ou encore le polyester recyclé. Qu’est-ce qu’on en pense ?

Le coton bio, c’est effectivement une matière plus responsable que le coton traditionnel car il a nécessité moins d’eau lors de sa production, pas ou peu de pesticides toxiques pour les travailleurs et les sols… Pour souligner la démarche, des labels comme GOTS ou Demeter permettent aux marques de certifier qu’elles utilisent du coton bio. Pourtant, H&M ne mentionne aucun de ces labels sur son site. La marque parle simplement du label BCI (Better Cotton Initiative), qui garantit une gestion raisonnée de l’eau lors de la récolte du coton, sans assurer un coton bio pour autant. Compliqué alors de vérifier qu’un vêtement de la collection conscious est bien fait à 50% de coton biologique…

H&M a aussi adopté le polyester recyclé, une autre matière durable. En effet, mieux vaut revaloriser cette matière que la détruire. Ce polyester est obtenu en fondant le plastique et en re-filant une nouvelle fibre polyester à partir de celui-ci. Il permet par exemple de réduire les émissions de CO2 (sa production nécessitant en moyenne 50% d’énergie en moins par rapport au polyester vierge). Good points pour l’environnement donc !

Néanmoins, le polyester recyclé se heurte à certaines limites. Même recyclé, il relâche à chaque lavage des microparticules de plastique qui polluent les océans et son recyclage n’est pas infini ! D’ailleurs, ce recyclage nécessite parfois l’utilisation de produits très toxiques pour la santé des humains. Des labels comme GRS (global recycled standards), Oeko-Tex Step ou Bluesign peuvent cependant certifier une utilisation raisonnée de ces substances. A ce jour, aucune mention d’un de ces labels n’est faite sur le site d’H&M.

De plus, on remarque des petits manques de précisions dans les informations fournies par le site. Par exemple, on trouve des T-shirts faits tout en viscose, une matière qui n’est pas forcément durable si elle n’est pas issue d’un bois d’une forêt gérée durablement, ou que sa transformation en fibre se fait avec des produits toxiques. Dans ce cas, la règle du 50% du vêtement en matière durable risque de ne pas être respectée.

Des efforts sociaux en demi-teinte

En plus de s’engager d’un point de vue environnemental, H&M prend des mesures sociales. La marque fait signer à tous ses fournisseurs *“****une liste précise de normes relatives aux salaires justes et équitables, aux conditions de travail, au bien-être animal et plus encore”.* **Des audits internes ont ensuite lieu pour vérifier que ces normes sont appliquées. Des audits fréquents sont une solution efficace pour s’assurer de la bonne application d’une charte des droits humains. Néanmoins, un auditeur externe permet souvent de **garantir une plus grande objectivité.**

Ce sujet est d’autant plus d’actualité qu’H&M est impliquée dans le scandale de l’exploitation des Ouïghours. La marque a d’ailleurs annoncé plusieurs mesures pour ne plus faire travailler ce peuple, notamment en revoyant le travail effectué avec les fournisseurs et sous traitants impliqués ! L’idée est d’empêcher qu’un tel scandale ne puisse se reproduire.

Sacrée cadence

Enfin, pour être vraiment éco-responsable, il nous reste quelques questions à nous poser.

Par exemple qu’en est-il de la taille et des fréquences de collections ? Le site d’H&M conscious propose à ce jour 1125 articles, et plusieurs collections par an. Il y a donc un fort risque d’invendus et de déchets textiles. En revanche, la marque propose pour ses collections conscious de nombreux basiques, c’est-à-dire des pièces portables à l’infini (ou presque) et qui sont moins sujettes aux changements de tendance. Et ça, c’est déjà plus responsable !

Alors H&M conscious, responsable ou pas responsable ?

On ne peut pas nier que la marque fait des efforts, que beaucoup de ses concurrents n’utilisent pas autant de matières durables, ou ne développent des programmes pour tendre vers une mode plus durable. Néanmoins à l’heure actuelle, la collection H&M conscious n’offre pas assez de garanties sur la provenance de ses produits, et reste très peu chère (un top coûte en moyenne 10€, un pantalon 20€). Quand on sait ce que coûte des matières biologiques et des salaires décents pour les employés, une question apparaît : comment H&M conscious fait-elle pour être rentable ? Vend-elle à perte en sachant que le déficit sera comblé grâce au bénéfice réalisé sur la collection principale ?

Une idée, une remarque, n’hésitez pas à nous répondre en commentaire !

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